Immensemment riche à 30 ans, ayant profité du démantelement de l´industrie russe, patrimoine national soldé au bénéfice d´amis de l´alors président russe, Boris Yeltsin, Abramovich, propriétaire de Chelsea projette de dominer le football européen, russe, sudaméricain et prochainement, universel. En se débarrassant d´entreprises non rentables, qu´il hérita presque gratis, en licenciant grand nombre de travailleurs, gardant les seuls secteurs porteurs du pétrole ou de la sidérurgie légère, en achetant pour rien, il est devenu un ogre russe. Et il aime le football... Malheur au football!
Avec ce trop-plein d´argent gênant, il fuit au paradis anglais de la dite libre concurrence, où l´argent n´a pas d´odeur, il achète le club londonien mal en point, au dessus de sa valeur. Il achète des joueurs au double de leur valeur, comme Drogba, Mutu ou Makelele, il enlève près de la moitié de Porto (le champion d´Europe, qui avait éliminé son Chelsea, à la surprise de bien des observateurs) et il engage son entraîneur de fer, Mourinho, qui alimentera son ambition démesurée et secrète: convertir le football en son jouet universel, à base de discipline, de travail, de sueur, où l´indécence et l´absence de morale sont les règles.
Le football n´est ni un jouet, c´est un jeu, ni une affaire, surtout aux conditions où il achète, mais Abramovich a beaucoup d´argent à écoulé. Personne ne peut lutter contre le gaspillage brutal du russe, qui complète son patrimoine sportif avec un club de hockey en Russie et une participation majoritaie déguisée en publicité au CSKA Moscou. Club où, comme par hasard, atterrissent des joueurs achetés para la Major Sport Investment, la MSI, contrôlée de Londres, de Miami, où d´un paradis fiscal? on ne sait pas ... par des hommes plus que probablement à la solde de Abramovich. La dite MSI, dont le visage serait un anglo-iranien au nom complet jamais éclairci, Kia Joorobchian ou Yorobchian ou Jorobchian ou Jorabchian ou Kia.
Corinthians, maintenant dirigé par Kia, et son dernier achat record de Carlos Tévez, sont propriété de MSI. MSI négocie en Argentine, au Brésil, des participations importantes dans des clubs, outre Corinthians, comme River Plate ou Boca, et en plus achéte de futures étoiles comme Mascherano. Benfica, en grandes difficultés économiques, pourrait déjà faire partie du réseau universel de clubs et joueurs MSI-Kia-Abramovich. Et Porto? A quoi joue le magnat russe? Au football, non. Il joue au monopli, au monopole du football.
Nous imaginons déjà une prochaine phase finale de la nouvelle Intercontinentale avec Chelsea, CSKA Moscou et Corinthians parmi les six derniers participants. Mais l´argent obscurément accumulé pèse tant à Abramovich qu´il achètera rapidement un club d´Asie, un autre d´Afrique et un en Amérique du Nord pour monopoliser la phase finale. Au détriment du football, du fair play, de la morale, et ne parlons pas de jeu, qui aura bien sûr disparu. Et ce avec le silence complice des autres clubs, le silence sépulcral de Abramovich, avec une presse muette et avec le silence de la FIFA.